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Grand-Cornier 8-9 septembre (2ème et 3ème jour) | CAS Sommartel

Premier Jour

Deux voitures neuchâteloises déversent à Ferpècle leur contenu humain un peu ramolli par les presque trois heures de route. Mais l’air frais du fond du Val d’Hérens, et la vision des victuailles pour le souper que nous nous répartissons, nous ravigotent, et c’est tout guillerets que nous entamons la montée au Bivouac au Col de la Dent Blanche, qui doit abriter notre nuit. Une petite pause à Bricola, puis un arrêt pique-nique juste avant de prendre pied sur le glacier de la Dent Blanche, régalent non seulement nos estomacs, mais aussi nos yeux : la montagne est de toute beauté sous ce ciel limpide de fin d’été ! Mais ne nous laissons pas happer par la tentation de la sieste digestive ! Nous voici repartis pour les quelque 500 mètres de montée sur glacier qui nous séparent encore de notre véritable objectif du jour : la sieste tout-confort sur la terrasse du bivouac à 3540 m !

Sitôt arrivés dans ce très agréable lieu magnifiquement situé, juste au pied de l’impressionnante arête N de la Dent Blanche, nous mettons en place la stratégie de fabrication de l’eau chaude, sous les strictes directives d’Olivier, qui tente à grand-peine d’ordonner les opérations pour les rendre optimales et nous incite, à raison, à bien nous hydrater… Finir d’abord son thé tiède pour vider le thermos et pouvoir le remplir de l’eau chaude nouvellement créée ? Mais cette eau, on la boit tout de suite, on l’assaisonne, on la garde, ou quoi ? Garder son liquide pour demain, mais alors il sera froid ? Préparer déjà maintenant la boisson de demain ? Oui, mais celle du réveil ou celle de la course ? Et pis la soupe on la fait quand ? Et l’eau des pâtes alors ? Et le bain ? Et si finalement je mettais de la neige dans mon thermos ?…

Perso, j’ai toujours pas compris ce que je devais faire, mais pour finir ça s’est (assez) bien passé, enfin je crois… Dans le décor grandiose du dehors, le soleil règne toujours en maître presque absolu (un peu comme Olivier sur le gaz, les casseroles de neige et les thermos) et nous entreprenons donc d’aérer les matelas et couvertures ; mais comme sur ces cols un coup de vent malheureux est vite arrivé, nous poussons l’abnégation jusqu’à assurer la tenue de la literie au sol avec notre propre corps… Tenez-vous bien : ça marche ! Plus tard, c’est le souper de luxe à l’huile de truffe prévu par Guy qui nous enchantera les papilles, avant que nous ralliions nos couchettes, non sans avoir admiré les fameux sommets alentours enflammés par le coucher de soleil.

Deuxième et troisième jour:

Le réveil sonne à 4h00 le dimanche matin, et nous nous levons tous de bonne humeur et impatients de se lancer sur l’arête. Le petit-déjeuner préparé par les bons soins d’Anouck et Gaétan est si complet qu’il nous retient un peu plus longtemps que prévu, nous quittons le bivouac à 5h30, à la lumière de nos frontales, déjà équipés et encordés.

Nous marchons pendant quelques minutes dans un pierrier constitué de gros blocs puis nous entamons l’arête. Peu après, le soleil pointe le bout de son nez à notre droite, découvrant une vue splendide sur l’Ober Gabelhorn et le Zinalrothorn. Derrière nous l’imposante Dent Blanche se colore d’un rose orangé. Le froid de la nuit est peu à peu chassé, et nous n’avançons qu’avec plus de plaisir le long de cette arête, dont l’esthétique marque chacun de nous. La progression est régulière et variée entre marche sur le fil, petits pas d’escalade plutôt facile et désescalade.

Notre équipe étant constituée d’alpinistes chevronnés et un peu moins chevronnés (je me désigne volontiers ^^), nous prenons tout le temps de bien protéger cette arête cotée AD. La sécurité a un prix, et fatalement, nous nous retrouvons au sommet à 12h30 ce qui nous fait un bon temps de retard ! Néanmoins, cette arrivée à une altitude de 3962m est marquante, que cela soit dû au soulagement d’être enfin arrivés au sommet, ou au paysage constitué de montagnes à perte de vue, et ce dans n’importe quelle direction.

Après une pause piquenique courte mais revigorante, nous attaquons la descente sur l’arête qui constitue la voie normale. Celle-ci est plus facile que la montée, mais elle ne nous prend pas beaucoup moins de temps, la fatigue commence à se faire sentir. Nous finissons par chausser les crampons pour descendre avec un rappel qui nous conduit directement sur le glacier de Moiry. La marche de descente se déroule sans encombre, et nous arrivons à 19h à la cabane de Moiry, c’est-à-dire bien plus tard que prévu, et bien trop tard pour encore retourner dans le val d’Hérens, où sont restées les voitures. Après courtes délibérations nous sommes tous d’accord que la seule solution est de passer une nuit supplémentaire à la cabane, certains étant plus ou moins heureux de manquer une demi-journée de travail… 😉

Finalement, le temps que chacun avertisse sa famille, nous nous retrouvons devant un bon plat de lasagnes qui réjouit tout le monde, malgré la fatigue. Nous nous couchons de bonne heure et repartons le lendemain matin à 5h00, en laissant Sandrine profiter de dormir quelques heures de plus à la cabane, puisqu’elle choisit de descendre en bus plus tard dans la journée. Nous atteignons le col du Tsaté à 7h15, et la Forclaz vers 9h00. Olivier, qui avait tout prévu, s’offre une petite ballade à vélo, histoire d’aller chercher les voitures qui étaient restées à Ferpècle. Merci de nous avoir épargné encore une bonne heure de marche !
Une chose est sûre, ce Grand Cornier nous aura laissé à chacun, comme Guy notre chef de course le dit si bien, « un immense souvenir grandiose ».

Encore un immense merci à lui pour l’organisation de ce magnifique week-end !

Participants : Guy Kohli (organisateur), Mathilde Joray (récit jours 2 & 3), Anouck Dubois, Gaétan Zill, Olivier Duvanel et Sandrine Seidel (récit jour 1)

Info pour les alpinistes : Le bivouac a été fermé depuis, et son accès est actuellement interdit en raison d‘un risque d’éboulement majeur ! (Communiqué du 25.11.18)