Ceci est l’histoire d’une jolie course « tout à plat », de Soubey à St.-Ursanne, récemment parcourue au fil de ce qu’il reste d’eau au Doubs après les ponctions naturelles effectuées par la Loue (Remarque que les hydrologues et autres AM ayant participé à l’expédition précédente apprécieront).

Elle était organisée par Gérard et présentait, en prime, l’attrait d’une traversée de la rivière à mi-parcours en bac self-service pour aller déguster LA truite au fameux restaurant de Tariche, subtilement situé de l’autre côté du fleuve à cet endroit.

Une perspective excitante s’il en est pour les marcheurs aventureux que nous sommes.

Lundi 14 mai. Sale temps et prévision météo pas très optimistes pour les jours suivants. En particulier pour mercredi 16, date prévue pour notre expédition.

Gérard fait la tournée des popotes par téléphone et la décision est prise de reporter l’exercice au vendredi 18.

Vendredi matin, parking du cimetière de La Chaux-de-Fonds (lieu qui n’a rien de prémonitoire, étant simplement pratique car peu fréquenté à cette heure…). Ciel bleu et température qui s’annonce agréable.

Sept participants sont présents au rendez-vous : L’organisateur Gérard B., Charlotte et Georges C., Ariane R., Pierre M. ainsi que Claudine V. et le narrateur Papy Daniel G.

Deux voitures suffiront donc pour le transport des troupes.

Arrivée à Soubey, parcage des véhicules et départ de la joyeuse équipe en direction des délices du repas de midi à 10 heures, comme prévu par l’horaire.

Nous suivons tout d’abord une petite route qui file entre fermes et prés abondamment fleuris sur le côté sud du Doubs, jusqu’à la passerelle piétonne de la Charbonnière qui nous permet de passer sur la rive nord.

De ce côté, le cheminement devient plus sauvage. Il est maintenant plus proche de la rivière qui coule avec un joli débit aujourd’hui.

Le parcours à partir du pont était déjà connu par quelques membres présents, ceux-ci ayant participé à une expédition précédente dans la même direction en partant de St.-Brais, et leurs commentaires sur les arômes subtils de LA truite qui nous attendait à Tariche ne pouvaient de ce fait qu’alléger les pas de la troupe…

Il est midi et demi et un peu plus de 9 kilomètres ont été parcourus. Nous sommes arrivés pile poil dans les temps en vue rapprochée du fameux restaurant.

Mais zut, pour ne pas dire merde car on est poli, la barque qui doit nous y porter sur les flots est bien en vue mais, par contre elle est échouée de l’autre côté de la rive !

Comble de la poisse, car bien que tous les mécanismes nécessaires au bon fonctionnement du dispositif de rappel aient bel et bien été érigés de chaque côté, LE câble qui devrait normalement les relier à la poulie d’attache au bateau qui nous nargue en face brille par son absence !

Il faudra donc changer de tactique et appeler l’autre rive à l’aide !

Malheureusement, ni les cris d’appel les plus sonores ni les sifflets les plus stridents ne semblent être à même d’attirer l’attention des aubergistes…

En désespoir de cause et en bon organisateur de course, Gérard, qui nous y avait réservé une table pour le repas, tente de convaincre le bougnat par téléphone de venir à notre rencontre. Mais il ne reçoit qu’une réponse sèche de sa part en retour, lui disant que c’étant le coup de feu et qu’ils étaient trop occupés en cuisine pour s’occuper de nous dans l’immédiat !

Un peu plus tard, c’est au tour d’Ariane de tenter sa chance. Sa voix câline semble avoir davantage d’effet sur la personne (masculine ?) qui lui répond et lui précise cette fois que, bien qu’ils soient toujours très occupés en cuisine, ils viendront nous chercher dans un quart d’heure vingt minutes environ…

Près de trois quart d’heures se sont maintenant écoulés depuis notre arrivée sur les lieux, sans que, comme ma sœur Anne, nous n’ayons toujours rien vu venir !

Las, en désespoir de cause et après interrogation de chacun sur sa condition physique, la décision est prise d’abandonner sans plus attendre notre quête d’accès au Graal d’en face et de poursuivre notre route avec l’espoir de trouver rapidement un endroit plus sympa où l’on pourra se partager les quelques miettes de nourriture que nous tenterons de récolter en raclant le fond de nos sacs.

C’est ainsi que sept êtres faméliques, des AM de la section Sommartel du CAS, ont été aperçus aux environs d’une heure et demi de l’après-midi du vendredi 18 avril 2018, assis au bord d’un chemin vicinal, se livrant au pillage en règle des quelques victuailles emportées par chacun, avec une attention particulière mise sur celles du malheureux Pierre qui, s’étant inscrit tardivement, avait emporté quelques bouts de pain avec lui au cas où l’accès au festin prévu à l’auberge lui aurait été refusé…

Nous parcourrons donc avec cette truite virtuelle dans nos panses les 7 kilomètres qui nous restent pour atteindre le but de notre randonnée gastronomique, le charmant bourg médiéval de St.-Ursanne.

Une fois arrivé sur les lieux, il faudra peu de temps à l’équipe affamée pour qu’elle débusque le bistrot bien réel sur une place ensoleillée qui lui permettra d’avoir la possibilité de combler l’espace laissé vacant par la truite avec un bon sandwich au pain frais, accompagné de cette petite mousse, ou toute autre boisson fraîche en l’occurrence, qui sera non seulement potentiellement mais également bienvenue !

Le retour en car postal jusqu’à Soubey fut une excellente occasion pour nous de rafraichir nos (mé)connaissances des innombrables coquettes petites agglomérations qui se cachent dans ce coin perdu du Jura.

En résumé, ce fut une magnifique journée ensoleillée, passée entre amis dans une nature en plein boom printanier.

Un grand merci à son organisateur Gérard.

Le rapporteur Papy Daniel