Wiriehorn, 1er avril 2013, en remplacement de machins étroits, raides et gelés dans le Val d’Entremont 

Ben voilà, encore une course annulée sur ce week-end de Pâques… Mais il en faut plus pour faire décrocher les vrais addictes ! C’est donc en un lundi de Pâques radieux (une fois sortis de l’épaisse couche de brouillard du Plateau) qu’une fine équipe de 6 toxicos emmenée par Dealer Petchon Senior se retrouve au départ du Wiriehorn, sommet vierge et inconnu d’un obscur coin de province bernois.

Premier choc de la journée : malgré les menaces déployées par une partie du groupuscule terroriste latino membre du cartel « café o morir », groupuscule décrit dans un précédent récit, et malgré l’absence du despote de la salubrité publique « Ruan Cabrito », pas moyen de s’arrêter dans un troquet ouvert pour le premier shot de la journée. Les Ruhetag s’alliant aux Betriebsferien auront raison même des plus acharnés. Quelle tristesse… Heureusement, la poudre blanche semble bien pouvoir remplacer en quantité et en qualité le petit noir serré manquant.

C’est alors que, symptôme du manque ?, une transformation se fait sous nos yeux ébahis : une nuisette vaporeuse s’échappe d’un mystérieux carton malencontreusement oublié sur la plage arrière d’un de nos véhicules pour aller draper l’un des participants, qui lève à ce moment un coin du voile sur sa trépidante deuxième vie, menée sous le pseudo de Georges Falaise. Malgré (ou à cause ?) du mutisme obstiné que l’intéressé oppose à nos légitimes questions, les suppositions vont bon train… Cet épisode constituant le deuxième choc du jour.

Complètement perturbés par cette révélation, nous gravissons dans un silence tendu et à bonne allure les premières centaines de mètres menant au sommet. Au pied de la dernière pente, la vision prometteuse de courbes avantageuses, tracées par des plus matinaux que nous, nous fait oublier tous ces épisodes douloureux. Nous parvenons au sommet sous un soleil toujours rugissant, avant d’entamer une descente à la hauteur de nos attentes, du moins au début. Au changement de qualité de blanche, une chute tout sauf discrète vous vaudra cette bafouille, désolée…

C’est bien après la fin de la bonne neige que nous réalisons que, vraiment, elle était bonne tout en haut, et qu’on décide donc de remonter. Rebelote donc, avant de s’accorder une sieste au soleil à l’alpage de Wirie. Sieste à peine troublée par l’attaque par les plus âgés des deux benjamins du groupe en phase d’endormissement sur le toit de l’alpage. Sans doute une tentative de vengeance pour les rébellions caféinomanes du matin… Tout ça à grand renfort de boules de neige mal dégrossies à la trajectoire approximative, et par-derrière évidemment !

Georges Falaise, même en nuisette, a plus d’un tour dans son sac, enfin dans son carton, et met le paquet pour débarrasser la surface de la Terre des 2 insolents siesteurs, qui finissent par s’incliner devant la grosse artillerie de ce sacré Georges. C’est pas tout ça, mais ce dernier ne voulant pas se mettre en retard pour l’application de sa crème de nuit, tout le groupe, re-soudé devant l’urgence de la situation, poursuit sa descente sans encombre au gré d’une neige désormais toute attendrie, sous le roucoulement bienveillant des tétras-lyres en parade (les vrais, pour ce coup-ci)…

Merci à Dealer Petchon Senior pour la qualité de la marchandise et à mes quatre autres compagnon-nes du jour pour l’avoir partagée !

Participant-es: Sophie, Sandrine du Bas, Georges-Thierry, Michaël, Alain, Sandrine du Haut (rapporteuse)